Crues

Crues journalières

Dans les bassins-versants de montagne, on observe des variations importantes du débit au fil de la journée à la période de la fonte des neiges. Cette variation est tellement brutale qu’on peut parler de crue journalière. Comme ces crues dépendent de la fonte des neiges et des glaciers, leur débit de pointe est fortement dépendant de la température et du rayonnement solaire. Lorsqu’il fait chaud, il n’est pas rare que le débit de la Navisence double au cours de la journée. En l’absence de précipitations, le débit le plus faible a généralement lieu entre 8 et 10h à Zinal, alors que le débit de pointe est observé en fin d’après-midi entre 17 et 19h.

Hydrogramme mesuré par la station du CREALP à Zinal, du 01.07.2022 au 31.08.2022

En fonction des débits d’eau et de sédiments, ces crues successives peuvent provoquer des petites modifications du lit (érosion de bancs, dépôt de sédiments fins), mais n’ont généralement aucun impact en dehors du lit mineur de la rivière.

Crues saisonnières et morphogènes

On parle de crue morphogène (littéralement, ce qui crée la forme) lorsque la crue remodèle la morphologie du lit : apparition de nouveaux bras, érosion de berge, modification du tri granulométrique. L’amplitude de ces changements dépend de plusieurs facteurs (débit maximum et durée de la crue, apport de bois flottants, entre autres). Lorsque sa géomorphologie a subi un profond remaniement, le lit de la rivière est méconnaissable.

Les conditions d’occurrence d’une crue morphogène se présentent dès que les trois facteurs suivants sont réunis : une température élevée, une grande quantité de neige encore présente sur les sommets, et des fortes précipitions sur le bassin-versant (d’intensité moyenne sur une longue durée ou de forte intensité sur une courte durée, comme lors d’un orage). Au niveau des Plats de la Lé, on estime que le débit critique à partir duquel se produit une telle crue est supérieur à 30 m3/s, une valeur qui ne peut être atteinte sans le concours de précipitations abondantes.

Crue morphogène du 21.06.2024 (amont des Plats de la Lé).
Au moment où cette photo a été prise, le débit mesuré était de 71 m3/s.

Pour les crues saisonnières dont le débit est inférieur, on peut déjà observer localement des modifications de la morphologie du lit comme l’apparition d’un nouveau bras et la mort d’un ancien bras, en particulier lorsque le débit de la crue atteint les 20 m3/s.

Le tableau ci-dessous permet de suivre l’activité torrentielle de la Navisence en présentant le nombre de crues s’y étant produites chaque année :

AnnéeDatesQmax > 20 m3/sQmax > 30 m3/s
201926.07 au 01.09244
202028.07 au 03.0870
202117.06 au 13.0760
202227.06 au 05.08101
202320.06 au 26.08131
202420.06 au 05.09203
202501.07 au 21.0721
Nombre de crues dont le débit maximum a dépassé 20 et 30 m3/s sur la Navisence (2019 – 2025), d’après les mesures de la station du CREALP à Zinal. Cliquez sur l’année pour obtenir plus de détails.